Hello à toi, j’espère que tu te portes bien, ou du moins le mieux possible, depuis la dernière fois. De mon côté, j’ai enfin déménagé et autant te dire qu’il était temps ! Peut-être que je te parlerai de cette aventure dans un prochain article mais aujourd’hui, on va aborder un autre sujet.

En tant que personne aveugle, j’ai du apprendre à rendre mon quotidien plus accessible et pour ça, je m’aide d’objets, d’outils, pour me faciliter la vie. Voici les objets sans lesquels je ne pourrais personnellement pas vivre.

1. La canne blanche

Ça peut paraître évident mais si tu connais mes débuts difficiles avec Blanchette, tu sais que son importance pour mon autonomie n’a pas toujours été d’une absolue évidence pour moi. Aujourd’hui, je ne peux plus me passer d’elle dès que je sors de chez moi ou que je vais dans un lieu inconnu. Elle me permet d’appréhender l’espace et d’éviter les obstacles mais aussi aux autres de remarquer que je suis aveugle et qu’il faut faire atention à moi. Elle me protège, en quelques sortes.

2. Mon iPhone et mon ordinateur

Là encore ça peut paraître évident mais si je n’avais pas ces merveilles de technologies… je ne pourrais pas faire grand-chose. Bien sûr je pourrais m’informer via la radio, lire des livres audio ou en braille… mais vraiment, avoir un smartphone m’a complètement changer la vie. L’ordinateur me permet de travailler, principalement mais avec mon iPhone, je fais vraiment tout le reste. Je téléphone (bon à la base c’est un peu fait pour ça, il faut dire) mais je communique, que ce soit par messages où via les réseaux sociau, je peux me déplacer avec le GPS, savoir le temps qu’il fait, écouter des podcasts ou des livres audio, lire des livres numériques, regarder des séries ou écouter de la musique en streaming, accéder à la presse, faire mes courses… bref, quand on dit « j’ai toute ma vie dans mon téléphone », dans mon cas c’est littéralement vrai.

3. Les plaques de cuissons parlantes

On entre là dans le matériel de la vie quotidienne adapté aux personnes DV et aveugles. Je crois qu’une des choses qui m’a le plus changer la vie, c’est les plaques de cuissons parlantes, que j’ai personnellement achetées sur la boutique de l’association Valentin Hauy (mais c’est là que j’achète tout mon matériel adapté, so…)

Avant de découvrir ces petites merveilles, j’avais des vieilles plaques électriques portatives et toi-même tu sais, l’eau des pâtes qui met 30 minutes à bouillir même si tu l’as passée à la bouilloire avant. En plus, la moitié du temps je ne savais pas si je les avais bien éteintes, quelle plaque j’allumais… alors que là, déjà ce sont des plaques à induction donc ça chauffe beaucoup plus vite, il y a des boutons donc adieu les commandes tactiles innaccessibles et je peux tout régler ; la température, la puissance, le minuteur… et elles parlent !

Promis, je ne suis pas amoureuxe de ces plaques, c’est juste le bonheur de pouvoir à nouveau cuisiner sans avoir peur de me blesser.

4. Les gomettes tactiles

Comme leur nom l’indique, il s’agit de petites gomettes en relief qui permettent de mettre des repères tactiles, notamment sur les appareils électro-ménagers. Par exemple, j’en ai sur mon four à des endroits stratégiques (sur le minuteur, une gomette toutes les dix minutes, sur le thermosta une tous les cent degrés, etc).

Je crois que l’utilisation la plus what the fuck que j’en ai fait, c’est pour rendre le piano chez ma mère accessible. J’y ai passé pas mal de temps l’an dernier et dans ma recherche infructueuse d’une occupation pour tuer le temps de mes journées de burnout, j’ai voulu me remettre au piano. J’ai alors posé des gomettes sur toutes les touches Do, certaines touches noires, etc, pour avoir des repères. Bon ça marche plus ou moins bien mais c’est efficace quand même.

5. Ma balance parlante

Que ce soit pour la cuisine ou pour un pèse personne, il existe des balances parlantes. Oui, tout parle chez moi et je vis depuis 2010 dans la crainte d’un soulèvement des machines qui peuplent mon appartement, mmh. Bref.

La balance parlante est super utile quand je veux faire ma recette fare (a.k.a le gâteau au yaourt), pour peser les pâtes ou même la quantité d’eau ou de lait car je n’ai pas de verre mesureur qui parle…

6. L’indicateur de niveau de liquide

Il s’agit de mon dernier achat en date pour la cuisine. Il s’agit d’un tout petit appareil que l’on pose sur le bord du récipiant qu’on veut remplir de liquide, il possède trois tiges qui détecte le niveau qui monte et il fait « bip bip » en arrivant au niveau souhaiter.

Au début, je ne voyais pas trop l’utilité d’avoir un tel objet parce que je mesurais le niveau de liquide que je versais avec mon doigt… jusqu’à ce que je me brûle 456783 fois avec l’eau bouillante de mon thé. Oui, longue à la détente hmm. Et au-delà de ne plus me brûler, ça m’évite aussi de trop remplir les verres ou les tasses et de devoir nettoyer derrière.

7. Mes lunettes de soleil

Si pendant longtemps je n’ai pas voulu porter de lunettes de soleil (parce que je trouvais que ça faisait vraiment trop cliché de l’aveugle et que j’étais dans ma période rebelle), j’ai développé de plus en plus de photophobie et donc les luminosités fortes se sont mises à me faire mal aux yeux.

J’ai donc fait contre mauvaise fortune bon cœur et je me suis mis·e à la recherche de bonnes lunettes de soleil. À l’été 2019, j’ai enfin trouvé le Grâal avec des Rayban ultra couvrantes qui protègent bien mes yeux, même sur les côtés. Ce ne sont pas forcément les plus sexy ou fantaisie des lunettes mais elles font bien la blague et c’est ce que je leur demande. Depuis, je sors rarement sans. Et j’ajoute parfois une casquette pour compléter le look et avoir plus de protection.

8. Mes bouchons d’oreilles

Je sais, ça n’est pas très sexy mais je ne sais pas si ça vient de ma cécité ou si c’est l’un de mes troubles psy qui m’a rendu·e beaucoup plus sensible mais depuis quelques années, j’ai de plus en plus de mal à supporter le bruit. Et surtout, les environnements sonores comme par exemple la rue, les supermarchés, les restaurants, etc. Tous ces sons forment un brouhaha qui me fait mal à la tête et me demande une plus grande concentration pour comprendre les gens avec qui je parle car j’ai du mal à distinguer leur voix du bruit de fond. Et aussi parce que ça me fatigue.

Depuis peu, j’ai donc des bouchons d’oreille dans mon sac dès que je sors. J’ai la chance d’avoir l’un de mes parents qui travaille dans l’audio alors j’ai pu avoir des bouchons faits d’après un moulage de mon oreille. J’ai plusieurs paires selon les besoins ; une pour les concerts avec un filtre assez puissant, une pour les sorties avec un filtre un peu moins présent et une autre pour dormir, des bouchons en cylicone normaux, je dirais. Ils ne sont malheureusement pas très discrets donc imagine mon look en ce moment entre ça, la casquette, les lunettes de soleil et le masque…

9. Ma carte de priorité

Et aussi le macaron de stationnement, même s’il n’existe plus maintenant. On pourrait se dire que puisque je peux marcher, je n’en ai pas vraiment besoin mais la cécité provoque une plus grande fatigabilité, notamment à cause du bruit, des gens, de la concentration pour se déplacer sans cogner dans quelque chose ou quelqu’un… ce qui fait que le fait de pouvoir passer plus rapidement à la caisse ou dans une file d’attente m’évite tout simplement de faire un malaise de trop de stimuli. On y pense pas forcément mais c’est d’une grande aide.

10. Les guides d’écriture

Si j’écris très peu désormais parce que mon écriture manuscrite n’est franchement pas très lisible, il m’arrive d’avoir besoin de signer des papiers, par exemple. Le guide de signature, c’est un rectangle de plastique dans lequel on a découpé un espace pour pouvoir délimiter la zone où l’on doit signer. Parce que le nombre de fois où je n’ai pas apposé mon autographe là où il fallait…

Les guides d’écriture peuvent aussi servir si on veut continuer à écrire à la main (personnellement c’est quelque chose que j’aimerais me remettre à faire pour, *atention instant niaiserie*, pouvoir écrire des petits mots à Bae, ou aussi pour pouvoir à nouveau remplir mes chèques seul·e, abilité que j’ai perdue par manque de pratique. Pouvoir signer soi-même où remplir un chèque, ça offre vraiment de l’autonomie… et ça évite aussi de flipper parce qu’on ne sait pas si la personne va remplir le chèque avec le bon montant. Bon, ça ne m’ai jamais arrivé mais on sait jamais…

11. Les écouteurs

Depuis que j’utilise un téléphone avec un lecteur d’écran qui cause tout le temps, j’ai toujours une paire d’écouteurs. Parce que je n’ai pas forcément envie que les gens sachent ce que je suis en train de faire sur mon téléphone, que mes SMS soient audibles de toustes ou tout simplement parce que j’entends mieux la synthèse vocale avec un écouteur quand je suis dans un lieu public.

Récemment, BAE m’a fait adopter les écouteurs intra-occulaires. Je ne m’en sers pas le jour ou quand je me déplace parce qu’avoir l’oreille bouchée me déséquilibre (je suis en carton) mais la nuit, c’est le compromis entre : je dois me couper de mon environnement extérieur et, je dois quand même écouter de la musique ou un podcast parce que je ne peux pas m’endormir dans le silence. Oui, je suis McGiver un peu.


Voilà quelques uns des objets qui m’aident dans mon quotidien avec la cécité. Je pourrais en partager plein d’autres qui améliore mon quotidien avec mes autres handicaps (notamment pour la gestion du trouble anxieux ou des douleurs chroniques) mais ça sera pour une prochaine fois ! Si tu as des questions sur certains objets, n’hésite pas. Y en a-t-il que tu ne connaissais pas du tout ? Ou d’autres dont tu avais idée ?

See you soon, XX

11 choses qui m’aident au quotidien avec la cécité

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