Coldplay : A Head Full of Dreams, avec une critique dedans

Le 4 décembre dernier, Coldplay a sorti son septième album studio, A Head Full of Dreams. Depuis 11 ans que je les ai découverts, ils ont évolué dans leurs choix musicaux et moi dans mes goûts, ce qui fait que parfois, nos routes ne vont pas dans la même direction. Ça a été le cas depuis Mylo Xyloto, dont je vous faisais la critique il y a quatre ans. Certains morceaux de Ghost Stories m’avaient beaucoup plus et je n’attendais pas d’A Head Full of Dreams d’avoir un coup de foudre. Le premier single, Adventure of a Lifetime, m’avait déjà un peu refroidie.

Pourtant j’étais là, le jour de la sortie d’AHFOD. Je me suis posée dans mon fauteuil avec mon casque et une tasse de thé de Noël (contexte, contexte !) et j’ai pris du temps pour découvrir les nouveaux morceaux que nous offrent Coldplay dans ce septième album.

A Head Full of Dreams, piste par piste

Couverture de A Head Full of Dreams de Coldplay
Crédit : Parlophone

A Head Full of Dreams s’ouvre sur la chanson éponyme. C’est également celle qui commence les concerts de la tournée à venir – du moins si on en croit les deux ou trois setlists que l’on a pu avoir dans la phase de promo jusque-là. Je suis agréablement surprise de cette chanson. C’est vrai que ça sonne U2, comme beaucoup l’ont dit mais le rytnhme est enjoué, la batterie et la basse bien mises en avant, la guitare venant lier le tout dans un ensemble cohérent. Bon, après, les « oh oh oh » qui sont une récurrence du groupe depuis Viva la Vida font un peu recyclés mais ils ne sont pas les seuls à le faire. Première impression plutôt bonne donc.

Avec Bird, l’impression retombe un peu. Elle m’a fait le même effet que Magic dans Ghost Stories, l’album précédent du groupe. La première chanson avait été un gros coup de cœur et tout retombait comme un soufflet. J’ai depuis appris à aimer Magic (je ne me l’explique toujours pas d’ailleurs) mais je ne suis pas convaincue que ça sera le cas avec la seconde de AHFOD. C’est un peu ce genre de chanson auquel je m’attendais avec un album qui a pour titre « Une tête pleine de rêves » (désolée, je trouve ce titre un peu cheesy… hum) l’ensemble est plutôt fade, la ligne rythmique trop entêtante mais pas forcément dans le bon sens du terme. Même pas de levée de sentiments avec le refrain, une chanson égale mais qui ne sort pas du lot.

On enchaîne avec Hymn for the Week-End, le premier duo de cet album, avec Beyoncé. J’aime bien Beyoncé, je dois l’admettre. Déjà elle est trop belle mais en plus ses chansons m’ont toujours donné envie de mover mon body. Pour ce qui est de cette chanson, je trouve le rythme catchy et léger, ça met de bonne humeur. On sent indéniablement l’influence R’n’B de Beyoncé que je trouve pour le coup un peu trop mise en retrait. J’avoue que je partais avec beaucoup d’a priori sur ce morceau car je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Princess of China, duo entre Coldplay et Rhianna avec qui j’ai une relation conflictuelle. Avec la chanson, pas Rhianna. Avec HFTW, on aurait pu s’attendre au même genre de collaboration, un morceau de Beyoncé ou Chris Martin chanterait dessus. Et ben pour le coup non, il y a bien un petit quelque chose de Coldplay dans ce troisième morceau d’AHFOD.

Everglow est un gros coup de cœur pour moi. Si au départ je ne la considérais que comme une ballade sympathique, mais sans plus. Au fil de mes écoutes, j’ai appris à l’aimer ; elle n’est pas d’une inventivité musicale transcendante, mais les paroles sont vraiment jolies et empruntes de poésie. Elle est pour moi dans la lignée de chansons comme Fix You ou The Scientist, plus ancrée dans notre époque, avec ses quelques sonorités électro, mais tout de même touchante.

Je passerai très vite sur la cinquième piste de l’album, Adventure of a Lifetime, qui a été le premier single de l’ère AHFOD. Je n’apprécie pas ce morceau, si il m’a fait pensé à du Farel Williams dans le rythme, le rif de guitare et les chorus m’agacent un peu. C’est cash mais les goûts et les couleurs…

Nouvelle bonne surprise avec Fun, un featuring avec la chanteuse Tove Lo que je dois avouer ne pas connaître honte sur moi. Ca m’apprendra à bouder la radio et à n’écouter que des groupes scandinaves qui font de la pop orchestrale indépendente. Oui ça existe et ça s’appelle Team Me, c’est génial. Bref. Fun donc, est une très bonne surprise. Déjà, les paroles sont vraiment chouettes, on y retrouve la poésie du bon vieux temps, sans le côté perché de paroles comme A Rush of Blood to the Head, que même si je les adore j’ai jamais rien trop compris. L’ambiance générale de la chanson est également très agréable, une balade mais pas dans le sens mièvre du terme et pas non plus le désespoir que l’on pourrait ressentir après une séparation, comme ça semble être le cas dans cette chanson. Quoique selon moi, ça pourrait tout aussi bien coller pour une amitié brisée que pour une histoire d’amour. Pas de rancoeur, un peu de regret peut-être. On s’est bien marré non, avant que tu partes ? On dominait le monde, on s’éclatait.

Caleidoscope porte bien son nom, cette chanson est un hybride chelou, un OVNI improbable que… ben j’aime plutôt vachement. Ca commence avec un son de piano rétro puis un sample d’un discours d’Obama sur un fond de piano, de son électro un peu sidéral et une batterie simulant un battement de cœur. La chanson se termine enfin avec un nouveau son rétro d’un choeur un peu gospel, un peu à l’arrache. Ok, cette description n’a aucun sens mais le morceau n’en a pas vraiment non plus. C’est bizarre mais plutôt cool.

Army of One nous fait retomber dans la chanson sympa mais sans plus. Je me rends bien compte que je suis assez critique mais… c’est le principe d’un tel article, right? Army of One donc… la mélodie est sympa, les paroles aussi. Mais la partie musicale n’a rien de très fifou, on est sur une section rythmique plutôt égale tout au long du morceau, le sample effets de voix en fond est répétitif et n’apporte pas grand chose et le rif de guitare… et bien au moins, j’y reconnais Jonny Buckland. Même si ça n’est pas son meilleur. La piste cachée (enfin j’imagine que s’en est une puisqu’elle ne ressemble pas au reste de la chanson) est, au contraire, bien le genre de piste électro un peu posé que j’apprécie. Les paroles par contre sont plutôt simples.

Chris Martin sur scène lors d'un festival à Las Vegas en 2015
Chris Martin au iHeart Radio Music Festival 2015, via Coldplay France

Amazing Day, on l’avait déjà vaguement entendu en live cet été lors d’un concert du groupe à New-York. La version studio ressemble bien à ce que j’attendais de ce morceau. Etrangement, je la compare à Everglow, même si Amazing Day est moins mélancolique. Les paroles sont mignonnes, la mélodie jolie et comme la piste précédemment citée, je l’intègrerais bien dans la playlist que j’utilise pour écrire une de mes histoires où les personnages se font souvent du mal et sont souvent mélancoliquement contemplatifs. M’voyez. On peut facilement s’imaginer un jour d’été, posé·e pépouse avec quelqu’un sur un toit à refaire le monde et regarder la forme des nuages.

Colour Spectrum, c’est un peu la piste instru de milieu d’album avec des carillon, des chants d’oiseaux et des « ouh ouh ouh » un peu lointain qui se mêlent à des bribes de paroles… Pour être tout à fait honnête, je n’ai aucun avis sur cette piste car je ne vois pas trop ce qu’elle fait là.

Up&up, j’en avais eu un bref aperçu par une vidéo qu’une de mes contacts présente au concert de Los Angeles avait posté sur les réseaux sociaux. Oui, y a des gens désagréables comme ça. Si tu me lis, chère contact, tu n’en es pas moins adorable;) Pour en revenir à la chanson, elle termine bien l’album. Je l’aime assez pour tout dire, surtout le solo de Jonny Buckland à la fin. Mais Jonny Boy est resté mon chouchou groupie et en plus, Noel Gallagher (Oasis, les gens 🙂 a travaillé dessus avec lui. J’apprécie aussi bien le rythme qu’apporte le très bref « up and up » qui se marie avec la batterie et la basse en fond. Ca s’écoute plus que bien.

En résumé

Bon, après ce long blabla, le bilan maintenant… Comme vous avez sans doute pu le ressentir, j’ai trouvé cet album inégal. Il y a quelques pépites bien sympas et même coup de cœur pour Fun et le côté perché de Caleidoscope. En dehors de ça, il n’y a pas vraiment de fil conducteur à l’album, ça se tire un peu dans tous les sens où Ghost Stories avait quand même retrouver une certaine cohésion d’ensemble. Après, c’est une impression que j’ai eu mais j’ai aussi conscience que c’est une remarque que j’ai déjà fait pour d’autres artistes, notamment pour 2nd Law de Muse à l’époque. Le manque de fil conducteur est-il négatif ? Je ne saurais le dire. Avec A Head Full of Dreams, Coldplay a poursuivi son expérimentation musicale. Chris Martin révélait même, il y a quelques jours dans une interview au magazine britannique The Telegraph, que selon lui « l’avenir de la musique se trouvait dans l’expérimentation de nouveaux sons. » ce qui se retrouve totalement dans AHFOD. Des expérience, ils en ont fait, parfois avec succès, parfois un peu moins.

Laisser un commentaire