Au cinquante-et-des-poussière-ème jour de ce confinement, j’ai eu envie de commencer à en parler par ici… bon, ne t’attends pas à un journal de confinement comme on a pu en voir fleurir au début de cette période bizarre. C’est juste que comme tout le monde, je crois (+ mon côté narcissique de blogueureuse) j’ai eu envie d’écrire quelques lignes sur ces semaines passées, parce qu’on le vit tout·e de façon différente. C’est un article vachement moins click friendly que les autres, moins structuré, moins informatif. Mais c’est aussi ça un blog, un journal de bord, un endroit où l’on raconte sa life. Ce post pourrait se résumé en : mon confinement et ma santé mentale pétée.

Pour te donner le contexte de mon confinement, je suis toujours à Poitiers, parce qu’on devait déménager le weekend du 28 mars, cet epic fail, tu remarqueras. On est donc à deux dans un T2 avec pas d’extérieur si ce n’est le parking de la résidence et tu me diras c’est déjà ça.

A posteriori, j’ai l’impression d’avoir vécu les différentes étapes d’un deuil avec ce confinement, sauf la période d’euphorie du début. Les premiers jours j’étais en mode : wow trop bien, plus de pression plus de deadlines administratives, je vais pouvoir me remettre au yoga, à l’écriture et me reposer parce que le burnout ça fatigue Jean Michel, si tu ne le savais pas.

Puis il y a eu la période d’abattement. J’ai une santé mentale en carton et j’avais l’impression d’être enfermé·e chez moi. Étrangement, le virus en lui-même ne m’a pas vraiment fait peur (je sais pas, peut-être mon inconscient qui se mettait des filtres parce que trop d’informations à traîter). J’ai eu quelques montées d’angoisse, peur de tomber malade ou que Bae soit malade mais c’était surtout le fait de pas pouvoir sortir que je vivais pas bien. Alors que c’est pas comme si je sortais vraiment d’habitude mdr. Ma vie sociale est quasi inexistente ici et à part pour aller acheter des cafés à emporter et des clopes, je ne sortais déjà pas beaucoup. Peut-être que ce qui m’a perturbé·e c’est le fait de ne plus pouvoir sortir comme je le voulais, comme si on me privait d’une liberté fondamentale. Cherche pas, je suis méga drama quand je m’y mets.

Puis il y a eu une grosse période d’apathie où je me laissais porter. D’un côté j’essayais de faire des trucs comme m’occuper des tâches ménagères (quit à être enfermé·e autant que ça soit propre et rangé), retrouver un rythme de sommeil normal (quelle notion étrangère) bref, une partie de moi voulait profiter de ce confinement pour faire des trucs que je ne faisais pas d’habitude, en faire plus parce que j’ai du temps.

Sauf que devine quoi ? Le burnout n’est pas partie entre le 17 mars et le 11 mai. Je suis toujours aussi fatigué¶e, toujours aussi décallé·e et oui parfois il y a des jours ou juste sortir de mon lit, c’est aussi dur que de grimper le Mont Evrest à monocycle. Je crois que voir tout le monde avoir un confinement productif m’a mis une pression (enfin je me suis mis la pression seul·e, je suis assez grand·e pour ça) mais j’ai mis littéralement des semaines à trouver mon rythme.

Aujourd’hui et depuis environ trois semaines, on est dans une sorte de stabilisation chelou. Mon sommeil est toujours aussi pété, je n’arrive toujours pas à trouver l’énergie ou la motivation de faire des trucs de ouf pour gérer la propreté de la maison ou les courses ou la cuisine… mais je vois qu’il y a une stabilisation et même un progrès.

J’ai arrêté de vouloir me recaler, je vis complètement à l’inverse des autres gens mais j’y vois des côtés positifs, même si ça ne me va pas d’être à l’arrache comme ça. Puisque je me couche vers midi, je peux à nouveau profiter du matin, les premières heures du jour sont celles que je préfère et avant, dormant de 3 heures du matin à 14 heures je ne les voyais même pas passer. J’arrive à faire du yoga de façon plus régulière, j’ai retrouvé l’apétit même si je mange des trucs très spécifiques et souvent le même plat en boucle (coucou les pâtes au pesto et les œufs au bacon), je tiens ma routine de soin au niveau du visage et j’arrive à faire des petites choses comme un peu de vaisselles ou descendre les poubelles, ce qui fait que je me sens moins inutile à laisser Bae tout gérer. Même si c’est notre deal depuis le diag de mon burnout mais l’acceptation de la maladie et de la perte d’autonomie, c’est pas ça encore.

Donc pour résumer, je me suis adapté·e à cette vie chelou même si je crains un peu le déconfinement… parce qu’on ne sait pas du tout quand et comment on pourra déménager, qu’on travaille pas donc finalement ça ne va peut-être pas nous changer grand-chose… mais voilà, disons que je fais contre mauvaise fortune bon cœur et j’arrête de me mettre la pression pour des choses que je ne peux pas faire.

Je crois que là où ma cécité a le plus d’effet, c’est sur mes repères temporels. Déjà qu’avec mes cycles de sommeil tous cassés, ça n’est pas facile de se repérer mais alors là, sans plus de routine comme le jour des courses, le jours des poubelles, le jours de la Poste, etc, je suis complètement paumé·e. Et je ne vois pas quand il fait jour ou nuit, je te raconte pas le délire. Au début, j’avais l’impression de vivre une journée sans fin entrecoupée de sieste. Maintenant, on a mis des petits trucs en places pour que j’ai un repère : le lundi, on va à la boulangerie et je prends un café. Le jeudi, on mange des burgers après une journée ménage… on pourrait se dire qu’aller chercher de la nourriture hors supermarché n’est pas un motif de sortie essentiel… mais quand le seul repère temporel que tu as se sont ses sorties et que si tu n’as pas ça 1) tu fais deux fois plus de crises dissociatives que d’habitude, 2) tu ne manges plus rien parce que tes TCA et ton mental font que tu ne

Au quarantième -et-des-poussière-ème jour de ce confinement, j’ai eu envie de commencer à en parler par ici… bon, ne t’attends pas à un journal de confinement comme on a pu en voir fleurir au début de cette période bizarre. C’est juste que comme tout le monde, je crois (+ mon côté narcissique de blogueureuse) j’ai eu envie d’écrire quelques lignes sur ces semaines passées, parce qu’on le vit tout·e de façon différente. C’est un article vachement moins click friendly que les autres, moins structuré, moins informatif. Mais c’est aussi ça un blog, un journal de bord, un endroit où l’on raconte sa life. Ce post pourrait se résumé en : mon confinement et ma santé mentale pétée.

Pour te donner le contexte de mon confinement, je suis toujours à Poitiers, parce qu’on devait déménager le weekend du 28 mars, cet epic fail, tu remarqueras. On est donc à deux dans un T2 avec pas d’extérieur si ce n’est le parking de la résidence et tu me diras c’est déjà ça.

A posteriori, j’ai l’impression d’avoir vécu les différentes étapes d’un deuil avec ce confinement, sauf la période d’euphorie du début. Les premiers jours j’étais en mode : wow trop bien, plus de pression plus de deadlines administratives, je vais pouvoir me remettre au yoga, à l’écriture et me reposer parce que le burnout ça fatigue Jean Michel, si tu ne le savais pas.

Puis il y a eu la période d’abattement. J’ai une santé mentale en carton et j’avais l’impression d’être enfermé·e chez moi. Étrangement, le virus en lui-même ne m’a pas vraiment fait peur (je sais pas, peut-être mon inconscient qui se mettait des filtres parce que trop d’informations à traîter). J’ai eu quelques montées d’angoisse, peur de tomber malade ou que Bae soit malade mais c’était surtout le fait de pas pouvoir sortir que je vivais pas bien. Alors que c’est pas comme si je sortais vraiment d’habitude mdr. Ma vie sociale est quasi inexistente ici et à part pour aller acheter des cafés à emporter et des clopes, je ne sortais déjà pas beaucoup. Peut-être que ce qui m’a perturbé·e c’est le fait de ne plus pouvoir sortir comme je le voulais, comme si on me privait d’une liberté fondamentale. Cherche pas, je suis méga drama quand je m’y mets.

Puis il y a eu une grosse période d’apathie où je me laissais porter. D’un côté j’essayais de faire des trucs comme m’occuper des tâches ménagères (quit à être enfermé·e autant que ça soit propre et rangé), retrouver un rythme de sommeil normal (quelle notion étrangère) bref, une partie de moi voulait profiter de ce confinement pour faire des trucs que je ne faisais pas d’habitude, en faire plus parce que j’ai du temps.

Sauf que devine quoi ? Le burnout n’est pas partie entre le 17 mars et le 11 mai. Je suis toujours aussi fatigué¶e, toujours aussi décallé·e et oui parfois il y a des jours ou juste sortir de mon lit, c’est aussi dur que de grimper le Mont Ventou à monocycle. Je crois que voir tout le monde avoir un confinement productif m’a mis une pression (enfin je me suis mis la pression seul·e, je suis assez grand·e pour ça) mais j’ai mis littéralement des semaines à trouver mon rythme.

Aujourd’hui et depuis environ trois semaines, on est dans une sorte de stabilisation chelou. Mon sommeil est toujours aussi pété, je n’arrive toujours pas à trouver l’énergie ou la motivation de faire des trucs de ouf pour gérer la propreté de la maison ou les courses ou la cuisine… mais je vois qu’il y a une stabilisation et même un progrès.

J’ai arrêté de vouloir me recaler, je vis complètement à l’inverse des autres gens mais j’y vois des côtés positifs, même si ça ne me va pas d’être à l’arrache comme ça. Puisque je me couche vers midi, je peux à nouveau profiter du matin, les premières heures du jour sont celles que je préfère et avant, dormant de 3 heures du matin à 14 heures je ne les voyais même pas passer. J’arrive à faire du yoga de façon plus régulière, j’ai retrouvé l’apétit même si je mange des trucs très spécifiques et souvent le même plat en boucle (coucou les pâtes au pesto et les œufs au bacon), je tiens ma routine de soin au niveau du visage et j’arrive à faire des petites choses comme un peu de vaisselles ou descendre les poubelles, ce qui fait que je me sens moins inutile à laisser Bae tout gérer. Même si c’est notre deal depuis le diag de mon burnout mais l’acceptation de la maladie et de la perte d’autonomie, c’est pas ça encore.

Donc pour résumer, je me suis adapté·e à cette vie chelou même si je crains un peu le déconfinement… parce qu’on ne sait pas du tout quand et comment on pourra déménager, qu’on travaille pas donc finalement ça ne va peut-être pas nous changer grand-chose… mais voilà, disons que je fais contre mauvaise fortune bon cœur et j’arrête de me mettre la pression pour des choses que je ne peux pas faire.

Je crois que là où ma cécité a le plus d’effet, c’est sur mes repères temporels. Déjà qu’avec mes cycles de sommeil tous cassés, ça n’est pas facile de se repérer mais alors là, sans plus de routine comme le jour des courses, le jours des poubelles, le jours de la Poste, etc, je suis complètement paumé·e. Et je ne vois pas quand il fait jour ou nuit, je te raconte pas le délire. Au début, j’avais l’impression de vivre une journée sans fin entrecoupée de sieste. Maintenant, on a mis des petits trucs en places pour que j’ai un repère : le lundi, on va à la boulangerie et je prends un café. Le jeudi, on mange des burgers après une journée ménage… on pourrait se dire qu’aller chercher de la nourriture hors supermarché n’est pas un motif de sortie essentiel… mais quand le seul repère temporel que tu as se sont ses sorties et que si tu n’as pas ça 1) tu fais deux fois plus de crises dissociatives que d’habitude, 2) tu ne manges plus rien parce que tes TCA et ton mental font que tu ne peux manger que des choses spécifiques… bah en fait si, ça devient essentiel.

Bref, ce confinement n’a pas été une période propice aux grands changements de vie, je n’ai pas fini un roman, appris une nouvelle langue ou me suis découvert une passion pour la sculpture sur patte à modeler. J’ai gérer et survécu et c’est déjà pas mal.

Et toi, comment tu t’aies adapté·e au confinement ? On est pas seul·e à galérer, sache-le. Soutien à toi si tu en as besoin en tout cas.

peux manger que des choses spécifiques… bah en fait si, ça devient essentiel.

Bref, ce confinement n’a pas été une période propice aux grands changements de vie, je n’ai pas fini un roman, appris une nouvelle langue ou me suis découvert une passion pour la sculpture sur patte à modeler. J’ai gérer et survécu et c’est déjà pas mal.

Et toi, comment tu t’aies adapté·e au confinement ? On est pas seul·e à galérer, sache-le. Soutien à toi si tu en as besoin en tout cas.

Confinement, santé mentale et bricolage du quotidien

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