Chronique lecture : Elia la Passeuse d’âmes Tome 2, Saison Froide de Marie Vareille

La lecture dont je souhaite vous parler aujourd’hui a été le premier livre que j’ai commencé en 2018 et pourtant, je viens juste de le terminer. Pas par manque de temps (j’ai déjà lu une demie douzaine de livres depuis janvier) mais bien parce que c’est le genre de lecture que je voulais prolonger. parce que je l’ai attendue avec impatience mais aussi parce que j’ai senti le cliffhanger de fin venir. Un cliffhanger bien méchant, qui vous laisse en PLS et vous demandant : mais comment je vais survivre jusqu’à la sortie de la suite ? Une question à laquelle je n’ai toujours pas trouvé de réponse, soit dit en passant.

Oui, écrire une critique d’un roman de Marie Vareille, ça n’est pas très original pour moi. On a ses petit·e·s auteurices chouchou comme ça. J’avais beaucoup aimé le premier tome d’Elia la Passeuse d’Âmes et lorsque la sortie du deuxième a été annoncée, j’étais toute joie. Oui, je reste une fangirl hein, tss. Voici donc mon avis sur le deuxième volet de la saga de Marie Vareille.

NB : Spoiler alert je risque de révéler des bouts de l’intrigue dans cette critique (parce que je ne sais pas faire une analyse poussée sans dévoiler l’histoire) so you’ve been warned !

Résumé

Quand elle entre avec Solstan au Conclusar, le centre de détention pour mineurs du Palatium, Elia n’a qu’un objectif : retrouver sa soeur. Mais elle est loin d’imaginer les dangers qui l’attendent derrière ces murs de béton, où le secret de ses origines ne doit être découvert à aucun prix !
Dans un monde impitoyable où l’ennemi n’est pas toujours celui qu’on croit, Elia survivra-t-elle ? Elia, Solstan, Tim et Arhia sauront-ils défendre leurs idéaux jusqu’au bout, quel que soit le prix à payer ?

Saison Froide, une suite à la hauteur

Couverture de Saison Froide tome 2 d'Elia la Passeude d'âmes de Marie Vareille

Lorsque j’ai commencé ma lecture de Saison Froide, je n’ai pas pu m’arrêter de la journée. Même si ma découverte du premier tome remontait à près d’un an et demi, je me suis tout de suite replongée dans le monde d’Elia, l’univers qui m’avait tant fascinée la première fois. On entre tout de suite dans le feu de l’action et ça ne s’arrêtera pas vraiment tout au long du roman.

En effet, si Saison Froide, en tant que deuxième tome, pourrait être un livre de transition avant l’apogée d’action et de révélations du dernier opus de la série, il n’en est rien. On sent une réelle avancée de l’intrigue et une véritable évolution des personnages.

Si j’avais, à l’époque, décrit le tome 1 comme une dystopie comme on les aime, reprenant parfaitement les codes narratifs des romans young adult, Marie Vareille prend une toute autre direction avec Saison Froide et sort des sentiers battus d’un genre littéraire qui a déjà fait ses preuves. On retrouve dans ce deuxième volet une ambiance plus sombre, plus dure, plus violente. Déjà par les lieux ou l’action prend place (on ne peut pas dire que le Conclusar soit un club de vacances), un centre de détention où son directeur, , Sado Kill (jamais autant un personnage n’a bien porté son nom, sérieusement), fait régner l’ordre et la terreur. Plusieurs fois au cours du livre, on assiste à des scènes de torture, de violence et de combat et même si ça n’est pas non plus aussi graphique que dans certains autres ouvrages, on est davantage confronté·e·s à la cruauté du monde où évoluent désormais les personnages. Et personellement, plus c’est sombre, plus j’aime !

Parlons-en, justement, des personnages. On retrouve dans Saison Froide tous nos protagonistes préféré·e·s, Elia bien sûr mais aussi Solstan (<3), Tim ou Arhia. Et s'iels formaient toustes quatre une belle petite bande soudée dans le premier tome, c'est chacun·e de leur côté qu'iels doivent maintenant affronter les épreuves qui les attendent. C'est l'une des choses que j'ai apprécié dans ce deuxième opus, le fait que les points de vue se diversifient et que les arcs narratifs de chaque personnage se développent en parallèle. On suit Elia dans sa quête de sauver sa sœur, puis ensuite lorsqu'elle rejoint le camp de la rébellion, le calvère de Sol au Conclusar, l'engagement militant de Tim et Arhia, un peu au milieu de tout ça, qui ne comprend pas toujours ce qui se passe mais qui est toujours prête à aider ses ami·e·s. Parmi les personnages du premier tome que l'on retrouve également, il y a Noriaxis, celle qui révélait à Elia la prophécie la concernant. Dans ce tome 2, on la retrouve lors d'une conversation avec Elia qui m'a bien fait rire, j'avoue. Noriaxis est complètement en roue libre et ce personnage est génial.

Saison Froide apporte également son lot de nouvelles têtes. On découvre une nouvelle antagoniste pour nos héros, Varnaka, une Passeuse d’âmes bien flipante. Je l’ai vraiment détestée tout de suite, comme Sado Kill d’ailleurs ; iels sont ce genre de méchant·e·s qu’on peut juste pas se voir en peinture, genre Palpatine dans Star Wars, Machiavéliques, cruel·le·s, voulant juste le pouvoir pour le pouvoir et capables de tout pour arriver à leurs fins. Il y a un·e autre nouveau/lle méchant·e qui apparaît aussi dans ce tome 2, un personnage que j’ai trouvé louche dès le début mais qui est en réalité plus complexe que ce qu’on pourrait croire. Je ne vous donne pas son nom, parce que c’est un énoooorme spoiler ! On compte aussi parmi les nouveaux personnages Anouk et Salica (représentatiooooon yay) qui sont attachantes chacune à leur façon et que j’ai shippé dès le début. Ai-je tort ou raison sur ce pressentiment ? Il vous faudra lire pour le découvrir…

Une intrigue qui sort des sentiers battus

Spoiler alert ! j’essaie de ne pas trop en dire mais je parle de beaucoup de choses donc risque de révélations plus élevé !

C’est un point que j’ai déjà soulevé plus tôt dans cet article mais je voulais revenir un peu plus en détails sur les choix narratifs et d’intrigue qu’a fait Marie Vareille pour Saison Froide. Comme je le mentionnais, elle a décidé de ne pas suivre la route toute tracée des dystopies young adult, qui voudraient qu’un deuxième tome soit plus transitoire, plus introspectif peut-être. Dans ce second tome des aventures d’Elia, Marie Vareille continue à ponctuer son histoire d’action et de révélations, dans une succession d’évènements qui semblent ne jamais s’arrêter, ne nous laissant pas vraiment de répis. On sent qu’il y a un sentiment d’urgence plus grand, que les choses prennent de l’ampleur, ne se limitant plus seulement à la vie d’Elia. Il y a des personnages doubles, des sursauts qu’on ne voit pas forcément venir… mais surtout, il y a du changement par apport aux choix et à l’évolution de l’héroïne.

Elia est un personnage que j’avais déjà beaucoup aimé dans le premier tome mais là, elle confirme son statut d’héroïne qui déchire (oui, c’est très pro comme langage tss). À chaque fois que je commence une dystopie, ou un roman de SF ou de fantasy d’ailleurs, j’ai toujours peur de me retrouver face à une héroïne qui veut absolument faire le bien, se sacrifier, qui embrasse les idéaux de l’entité qui se rebelle contre le système sans vraiment s’interroger sur si, oui ou non, ses idéaux sont les bons. Je ne dis pas que ces héroïnes ne sont pas bonnes ; c’est un schémas de développement du héros qui a fait ses preuves depuis des temps immémoriaux. Mais j’avoue que j’apprécie davantage les héroïnes qui ont une part d’ombre, d’égoïsme ou/et qui s’interroge sur les choses et les gens qui l’entourent.

C’est le cas pour Elia, dans ce tome. Si elle est amenée à rejoindre les Combattants de l’Aube (la Rébellion donc) elle n’est pas directement sur d’elle. Tim, en comparaison, a un cheminement beaucoup plus idéaliste et militant. Elia, elle, n’est pas persuadée du bon fondement de l’idéologie défendue par l’Aube et la remettra en question jusqu’à la fin. J’ai trouvé son hésitation, ses doutes puis son cheminement de pensée et d’action très mâture mais pas trop, même si elle n’a que 17 ans. Depuis le début, elle a vécu des trucs vraiment durs qui l’ont façonnée. Et elle agit et réagit comme la somme de tout ce qu’elle a traversé. C’est une évolution très intelligente et pertinente.

Là où Saison Froide est aussi riche, c’est dans la représentation, de part l’introduction du duo formé par Anouk et Salica. C’est tellement rare de voir de la diversité LGBT+ dans ce genre littéraire mais en plus, un couple lesbien, c’est encore plus rare. D’accord, ça n’est pas le couple principal, et oui, Elia et Sol restent une représentaiton hétéro… mais j’étais tellement joie quand j’ai eu la révélation sur Anouk et Salica qu’en fait, je n’ai pas forcément cherché plus loin. C’est un petit détail parmi toutes les choses que j’ai soulevées mais un détail qui a son importance.


Pour conclure cette (encore) très longue critique de Saison Froide je choisirai trois mots pour décrire ce deuxième tome : surprenant, sombre et mâture. Les personnages deviennent plus adultes, s’adaptent (ou sont forcé·e·s de s’adapter) aux épreuves de plus en plus dures qu’iels traversent et le tout se tient dans un ensemble aletant et cohérent. Maintenant, la question demeure : que faire de ma vie en attendant le tome 3 ?

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