Quand les communautés de fans sont source de compétences

Parce qu’il semblerait que cette catégorie ait trouvé son rythme, on se retrouve en ce vendredi pour un nouvel article sur les fandoms. Après vous avoir proposé une introduction à cette thématique ainsi qu’une petite histoire des fandoms, je tenais à partager quelque chose d’un peu plus concrêt. C’est parti 😉


Au-delà de nous offrir un espace de rencontre et d’échange avec d’autres personnes aussi enthousiastes que nous, les communautés de fans sont le moyen de développer d’autres choses ; découvrir de nouveaux centres d’intéret, d’autres fandoms même.

Après plus de dix ans dans plusieurs fandoms, j’ai pu réalisé que les communautés apportent aussi des connaissances, des savoirs qui, aussi étrange que cela puisse paraître, peuvent déboucher sur de véritables compétences dans le monde en dehors du fandom. Petit tour d’horizon de ce que peuvent apporter les communautés de fans.

Des compétences linguistiques

Le premier de ces apprentissages qui me vient en tête, c’est celui des langues étrangères et principalement de l’anglais. Bien sûr, cela n’est pas propre aux fandoms puisque ce n’est aujourd’hui un secret pour personne que visionner des séries en version originale ou même lire des livres peut grandement vous aider à vous améliorer dans la langue de votre choix.

La chercheuse américaine Rebecca W. Black a mené, en 2009, une étude sur l’assimilation linguistique de l’anglais par les membres des communautés de fans en ligne et plus particulièrement chez les auteurices et lecteur·trice·s de fan fiction. Elle a suivi, pendant quelques temps, trois autrices et a détaillé leurs expériences dans un article qui montre bien que lire et écrire des fan fictions en anglais aident et contribuent à l’assimilation de la langue du Barde aussi connu comme Shakespeare.

Mais pourquoi se donner tant de mal à écrire et lire des fan fictions en anglais  ? Et bien parce que, comme dans beaucoup de domaines, c’est la langue où les auteurices sont les plus prolifiques. Il y a des sites d’archives de fan fictions entièrement en français mais quand vous êtes un·e grand·e consommateur·trice de fan fictions,, arrive parfois un moment où vous avez lu tout ce qu’il y avait à lire dans votre langue maternelle. Et les plus courageux·ses se tournent vers les archives en anglais, plus fournies.

Bien avant de rentrer en fac d’anglais, j’avais personnellement commencé à lire des histoires dans cette langue. Evidemment le début n’a pas été facile et je devais parfois faire appel à Google Translate, ce qui donnait des choses assez étrange. Mais on assimile de plus en plus de vocabulaire, jusqu’à pouvoir écrire soi-même ses propres fan fics en anglais. L’intéret de s’infliger un tel supplice cérébral, c’est évidemment d’être lu·e par un plus large public. Certain·e·s se lancent même dans la traduction de fan fictions de l’anglais vers leur langue maternelle, ce qui, là encore, peut être bien utile en dehors même des communautés.

Mais il n’y a pas qu’en matière de fan fictions que l’anglais est utile. Parfois, vous avez également envie de rencontrer des personnes d’autres pays ; vous suivez alors des blogs, des comptes Twitter ou même des forums internationaux où la langue commune est l’anglais. J’ai eu la chance de pouvoir communiquer avec des fans d’horizons très différents et la maîtrise de l’anglais est évidemment un plus. Ce qui est bien, c’est que ça n’est pas toujours la langue maternelle de votre interlocuteur·trice donc pas besoin d’être bilingue, se faire comprendre suffit. Les fandoms sont donc un bon moyen pour exercer les langues étrangères. J’ai même pu relire et reparler un peu espagnol. Mais un peu, hein.

Des compétences dans le web

Là encore, ça dépend évidemment de votre affinité avec la technologie mais très vite, vous en arrivez à toucher à des aspects du web. Ne serait-ce que la retouche photo, si vous voulez vous faire une jolie image de profil ou une signature sur un forum, vous pouvez ressentir l’envie de faire vous-même vos montages au lieu de toujours demander aux autres. Vous vous retrouvez vite à télécharger un logiciel de retouche d’image quelconque et hop, c’est parti. Je connais même une personne qui, perdue dans son orientation, s’est tourné vers le web design après avoir passé des mois à faire des bannières et des designs de forums. Véridique.

Mais la retouche photo n’est pas la seule compétence que vous pouvez développer. Il y a aussi le montage vidéo, pour celles et ceux qui mettent la main à la patte, pour réaliser un trailer pour une fan fiction par exemple. Ca peut paraître bizarre comme concept mais c’est franchement cool de pouvoir mettre des images sur une histoire. On peut aussi développer des compétences en matière de création de site web, c’est parce que j’étais dans un fandom que j’ai touché mes premières lignes de codes il y a une dizaine d’année. J’ai une connaissance qui s’est même mis à créer des sites web en freelance car elle avait appris le HTML/CSS et la retouche photo en autodidacte. S’exercer sur quelque chose que vous aimez ne peut être qu’un bon début.

La rédaction et l’écriture sont un autre aspect présents dans les communautés de fans. L’écriture de fan fictions bien sûr, plus littéraire mais certain·e·s ouvrent un blog pour parler des fandoms qu’iels aiment et, ainsi en viennent à très vite rédiger des articles qui peuvent être une bases pour des compétences rédactionnelles demandées dans beaucoup de milieu et pas seulement celui de la rédaction web.

Des compétences manuelles

Là, il est question de la confection de cosplay. Qu’il s’agisse de coûture, de tricot… La communauté des confectionneur·se·s en matière de travaux manuels liés à la pop culture s’élargit de jour en jour. Ca n’est même pas forcément pour faire des cosplay entier ; on peut aussi créer des bijoux, le design de t-shirts, etc.

Aux Etats-Unis, et de plus en plus en Europe, on voit se développer ces communautés en ligne, parfois même des blogs ou des boutiques Etsy. Ca n’est pas toujours à vocation professionnelle évidemment mais comme pour le design ou la création de sites web, cela peut être une source d’orientation pour certain·e·s !

Des compétences de gestion de projet, de management…

Pour ce qui est de ces dernières, il est un peu dur de les qualifier avec un seul mot. Elles concernent les personnes qui ont occupé – ou occupent encore – un «  poste important  » au sein d’une communauté en ligne. Il demeure aujourd’hui beaucoup de sites de fans qui se sont également développés sur les réseaux sociaux, les blogs, Youtube, etc. La communauté atteint parfois des proportions qui demandent la création d’une véritable équipe où des membres seront chargés, par exemple, de gérer les réseaux sociaux du site, d’alimenter le blog en actualité, de modérer les sujets sur le forum…

On développe, à travers de telles expériences, des compétences de gestions. Pour les créateur·trice·s ou administrateur·trice·s de telles communautés, il s’agira d’un rôle pouvant s’apparenter à celui de chef de projet ou de rédacteur·trice en chef ; on répartit les tâches, communique avec l’équipe, organise des réunions et ainsi de suite. C’est très formateur et même si on ne souhaite pas tout·e prendre ce genre de responsabilité, voyant les communautés où l’on s’implique comme un espace de détente, il y a des personnes qui aiment s’investir autant.

On peut également acquérir une certaine expérience dans la transmission de connaissances. On peut ici mentionner les deux premiers points de cet article ; en ce qui concerne l’apprentissage linguistique, un·e auteurice dont l’anglais n’est pas la langue maternelle pourra faire appel à un·e relecteur·trice (également appelé·e beta reader ou beta) qui lui·elle est anglophone de naissance et qui l’aidera à corriger ses fautes et à améliorer sa maîtrise de la langue. Il en va de même pour les compétences techniques, il est tout à fait possible d’apprendre en autodidacte à maitrîser un logiciel de traitement d’images ou du code mais certain·e·s membres se proposent parfois pour aider ceux ou celles qui recherchent de telles connaissances. Devoir expliquer à quelqu’un une compétence que l’on possède nous même est une situation que l’on rencontre souvent dans le milieu professionnel et qui peut être bien utile !


Ainsi se termine ce petit tour d’horizon des compétences que peuvent nous apporter les communautés de fans. Cette liste n’est sans doute pas exhaustive et si vous pensez à autre chose, n’hésitez pas à le partager en commentaire  !

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