La Malédiction de la Zone de Confort de Marianne Levy, le roman qui rend le cœur léger

D’ordinaire, j’aime bien prendre un peu de recul sur un livre avant d’en faire une chronique ; histoire de réfléchir à ce que j’en ai vraiment pensé, pouvoir argumenter mon avis, car comme vous vous en êtes peut-être aperçu, j’ai tendance à beaucoup parler.

Pourtant, aujourd’hui, je vais vous parler d’un livre que j’ai terminé pas plus tard que ce matin au petit déjeuner. Pourquoi cette précipitation ? Parce qu’il s’agit d’un coup de cœur, et d’une autrice que j’aime tout particulièrement (dont je vous ai déjà parlé , d’ailleurs). Il s’agit de La Malédiction de la zone de confort de Marianne Levy, publié aux éditions Pygmalion, pas plus tard que la semaine dernière. Aussitôt disponible, aussitôt acheté pour ma part.

Résumé

Rose a (presque) tout pour être heureuse.
Après 763 auditions infructueuses elle a enfin décroché son premier grand rôle dans la série télé de l’année. Elle peut compter sur le soutien d’une joyeuse bande et d’un fiancé imaginaire avec qui elle assure vivre, enfin, une relation équilibrée. Son unique manque ? Un précieux recueil de poésie médiévale dont elle a besoin pour calmer son émotivité pathologique.
Ben n’a (presque) rien pour être heureux.
En panne d’émotions, le scénariste et auteur de polars n’arrive plus à écrire une ligne. Il se noie dans un quotidien sinistre qu’il dissimule mal à ses deux seuls amis. Son unique réconfort ? Les mails hystériques d’une dingue qui lui réclame un bouquin comme une naufragée, une bouée au milieu du Pacifique.
Ils étaient faits pour ne PAS se rencontrer.
Probabilité qu’ils vivent un jour heureux ensemble : nulle.
Probabilité qu’une probabilité soit fausse : non négligeable.
Et si la vie déjouait les algorithmes ?

Des personnages attachants

Si le titre de cette partie résume très brièvement La malédiction de la Zone de Confort, c’est assurément l’une des choses que je retiens de ma lecture de ce nouveau roman de Marianne Levy. Dans ce dernier, on suit l’histoire de Rose et Ben, deux personnages que tout semble opposé au départ, et dont les existences sont liées de manière qu’iels ne soupçonnent pas, quasiment jusqu’à la fin du roman.

Rose est une héroïne tout de suite attachante, que l’on sent passionnée par son travail de comédienne. Alors que l’histoire débute, elle est sur le point d’accéder à son premier grand rôle, celui d’un personnage secondaire dans la série JT, aux côtés d’une star du grand écran un brin diva, un réalisateur à l’air complètement perché et un acteur rescapé de la télé réalité qui, s’il n’était pas aussi playboy, pourrait presque être touchant. Ce qui caractérise Rose, dans ce monde de la télévision où tout ne semble être qu’apparence, c’est sa normalité. Elle vit avec sa meilleure amie, mange des poivrons farcis ou de la tarte aux pommes dans le même bistro depuis des années, est une grande adepte de la poésie médiévale de Guillaume IX, Duc d’Aquitaine et premier troubadour de l’Histoire. Cette normalité nous permet de nous identifier à Rose, de ressentir de l’empathie dans les épreuves qu’elle traverse et, malgré le milieu professionnel dans lequel elle évolue, elle garde toujours une grande sincérité.

C’est un peu grâce à Guillaume, et un recueil de poésie, que son chemin croise celui de Ben, un auteur et scénariste déprimé en mal d’inspiration. Formulée comme ça, la description de Ben pourrait en faire un cliché et, si parfois on retrouve en lui un peu le stéréotype de l’écrivain torturé, il ne s’inscrit pas dans les clichés du brun ténébreux qui vit pour son écriture, les verres d’alcool et les coups d’un soir. la vie de Ben est bien rythmée, avec des habitudes, des rituels, les mêmes amis depuis des années et, étrangement, je pense que c’est plus à lui que je me suis identifiée en lisant La malédiction de la Zone de Confort.

Cette zone de confort, nos protagonistes vont devoir en sortir, pour avancer, se rencontrer et s’aimer. Ni Ben ni Rose ne connaissent vraiment la vie professionnelle de l’autre, ce qui va provoquer des situations parfois drôles, parfois plus dramatiques, qui rythment l’intrigue du roman et fait que l’on ne s’ennuie jamais.

les personnages secondaires sont également très attachants ; j’ai beaucoup aimé Isa, la Meilleure Amie de l’héroïne que l’on retrouve dans toute bonne comédie romantique, et qui est toujours un personnage que j’apprécie tout particulièrement. La mère de Rose, bien que très peu présente, est aussi touchante, et j’avoue avoir ressenti l’envie d’aller prendre un verre ou un bon petit plat chez Yvonne et écouter les gens raconter leurs histoires, au micro d’un véritable speaker corner au plein cœur de Paris. l’entourage de Ben est aussi coloré, Vlad est un peu névrosé, et même si ses remarques sexistes m’ont fait un peu cringer, j’ai appris à apprécié son personnage, tout comme celui de Max, tous deux sont les piliers de Ben et le soutiennent coûte que coûte. Le petit + pour moi, c’est les apparitions ponctuelles de Guillaume Le Troubadour, son décalage avec le XXIème siècle, il m’a vraiment fait rire avec ses manières entre romantiques et rustres.

Une déclaration d’amour à la comédie romantique, au cinéma et à la télé

Ce que j’ai également beaucoup apprécié dans La malédiction de la Zone de Confort, c’est tous les petits clins d’œil culturels, qu’il s’agisse des références au cinéma (mention spéciale pour Audrey Hepburn et Nothing Hill qui malgré tout reste un classique), mais également aux films de Sergio Leone dont Ben raffole (j’ai envie de voir Il était une fois en Amérique maintenant !) Cet amour du cinéma, on le retrouve également dans l’écriture même de Marianne Levy ; le style est fluide mais surtout très parlant, on peut véritablement visualiser les scènes dans notre tête tout au long du livre, et c’est vraiment très appréciable !

L’autre univers auquel il est fait référence est évidemment celui des séries télé, un milieu que l’autrice connaît et ça se voit. On passe quelques temps dans les coulisses d’un tournage, et si les explications et les évènements sont précis et réalistes, ils sont tout de même abordables. J’aime la façon dont, que cela soit Vlad, Ben ou d’autre, il y a la volonté de rendre le public accro à cette nouvelle série télé. C’est totalement ça ; on est beaucoup à consommer des séries (et consommer et le bon mot je pense, vu la quantité de programmes que l’on a à notre disposition maintenant), et avec tout ce que l’on peut regarder, on attend la série qui se détachera du lot, nous rendra addict et nous fera enrager sur tous les cliffhangers de fin d’épisode.

Une réflexion sur le romantisme

Ce que j’ai perçu dans les mots de Marianne levy, que ça soit à travers l’entreprise d’Isa ou la passion de Rose pour l’amour courtois du XIIème siècle, c’est une réflexion sur le romantisme contemporain. On sent que Rose n’est absolument pas adepte des applications de rencontre comme Tinder, de cet amour à l’image de la société de consommation, en opposition à Isa qui a fait de la recherche de l’âme sœur son fond de commerce, où Ben semble plutôt être du côté cynique de la Force.

Ces différents points de vue des personnages sur le romantisme, les rencontres amoureuses et tout ce qui les entoure est très intéressant et peut nous faire nous poser la question de notre propre opinion sur le sujet. Y a-t-il vraiment une bonne façon de rencontrer la personne avec qui on veut partager un bout de notre vie ? Rencontrer une telle personne est-il réellement nécessaire à notre bonheur ? Je vous laisse méditer sur ces questions…<:p>

Conclusion

Si j’ai tenté de ne pas trop faire ma fangirl de Marianne Levy, vous avez assurément perçu le coup de cœur que j’ai eu pour ce roman. Il se lit tout seul, donne de la joie dans le cœur, fait sourire et rire. Si dans ses deux premiers romans, l’autrice montrait déjà une connaissance fine des ressorts du genre de la comédie romantique, cela se confirme avec La malédiction de la Zone de Confort. On sent plus d’assurance, de maturité et de liberté dans ces lignes, l’histoire d’amour est bien racontée et, pour moi qui n’en suis pas une grande adepte, je l’ai vraiment trouvé jolie et tout en équilibre.

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