Loin de Berkley Hall de Coralie Khong-Pascaud : un retour dans l’Angleterre des années 1900

Ce billet me trotte dans la tête depuis avant même l’ouverture du blog, puisqu’il s’agit d’un roman que j’ai lu cet été. Loin de Berkley Hall de Coralie Khong-Pascaud, a été une jolie découverte, une sorte de retour aux sources pour moi ; mon amour de l’Angleterre et des histoires de sa bonne société, pleine d’intrigues et de personnages hauts en couleurs.

Résumé

Angleterre, 1911
Alors que sa sœur cadette s’apprête à faire son entrée dans la bonne société à l’occasion du bal des débutantes, Lady Catherine Davenport sème le trouble sur le domaine familial de Berkley Hall en refusant de se marier.
Éprise de liberté et de reconnaissance, Lady Catherine se rapproche de Lydia, une femme de chambre au caractère bien trempé et qui a du mal à supporter sa condition de domestique.
Ensemble, elles vont décider d’un tout autre chemin…

Un véritable voyage dans le temps

Dès les premiers chapitres de Loin de Berkley Hall, on retrouve une ambiance familière. En faisant des petites recherches pour cet article, j’ai appris que Coralie Khong-Pascaud avait écrit Loin de berkley Hall à l’occasion d’un concours organisé par Librinova et Les Éditions Charleston sur le thème de Downton Abbey. Et c’est exactement l’atmosphère que l’on retrouve dans son premier roman ; l’Angleterre du début du XXème siècle, le clyvage entre la haute société et les classes plus populaires, ce contraste entre traditions et modernité… Mais Loin de Berkley Hall n’est pas un copier-coller de Downton Abbey ; on y retrouve une intrigue et des personnages propres que l’on découvre et auxquels on s’attache au fil des pages.

L’écriture de l’autrice a été pour moi un coup de cœur, la plume est légère mais pas avarde en détails et descriptions, des lieux, des personnages ou même des tenues. Ça n’est jamais lourd ou « trop », et cela nous permet de nous immerger totalement dans l’histoire. On plonge dans cette société à deux visages, entre les traditions d’une aristocratie qui perd peu à peu ses privilèges et d’une classe populaire qui prend conscience qu’elle a des droits, et se bat pour les acquérir. Les dialogues sont aussi de petites perle et contribuent à un véritable voyage dans le temps.

Au fil des pages, on découvre plus qu’une époque, on découvre aussi des personnages, avec leurs caractères hauts en couleurs, leurs opinions, leurs vécu, propres à une époque charnière qui confrontent parfois les membres d’une même famille.

Les deux personnages principaux, Catherine et Lydia, sont très différentes mais se comprennent et se retrouvent au cours de l’histoire, commençant un projet commun (no spoile ;)). On retrouve une réflexions sur la condition de la femme à cette époque, que cela soit dans la haute société ou les classes populaires. C’est un sujet qui me touche et m’intéresse particulièrement, il s’intègre ici bien à l’intrigue même si j’aurais personnellement souhaité le voir approfondi davantage. Mais le but de Loin de Berkley Hall n’est pas fondamentalement d’être un essai politique et féministe. Il aborde le sujet d’une bonne façon et cela donne de la profondeur aux deux protagonistes, et c’est tout à fait cohérent avec le ton du livre. On voit le personnage de Catherine évoluer tout au long du roman, une évolution plaisante et intéressante à suivre.

L’histoire défile très vite, si bien qu’en lisant le mot « Fin », on peut se dire : déjà ? Ce n’est pas quelque chose de négatif, cela veut dire que la lecture est très agréable. J’ai passé un très bon moment – que j’aurais voulu voir se prolonger davantage, je crois – avec les personnages et les mots de Coralie Khong-Pascaud, c’est le genre de lecture qui change les idées, amuse, distrait. Et parfois, c’est ce que l’on attend d’un livre ; certains nous remue, nous font réfléchir, mais on peut juste ressentir le besoin de s’évader et Loin de Berkley Hall est parfait pour cela.

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