Billet lecture – Mon Amie Gabrielle par Cordélia

Le livre que j’ai choisi aujourd’hui est un premier roman. Et je trouve ça chouette, les premiers romans ! Il s’agit de Mon Amie Gabrielle de Cordélia, sorti en décembre 2016. Je l’ai dévoré en moins de trois heures, un dimanche soir bien installée dans mon canapé avec un plaid et un thermos de thé. L’histoire et les personnages m’ont emporté, dans leur vies, leurs doutes, leurs interrogations…

Note : je spoile quelques évènements de l’histoire, au cas où vous ne voudriez rien savoir avant de le lire 😉

Résumé : Salah et Gabrielle avaient 15 ans lorsqu’ils se sont rencontrés au lycée. Ils partageaient la même chambre d’internat. Les années passent, entraînant leur lot de problèmes, de déceptions et de joies. Tous deux ont beaucoup changé. Ils ont grandi.

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Crédit image : Cordélia

J’ai découvert Cordélia il y a un peu plus de deux ans grâce à son blog où je lisais avec grand intérêt ses revues de livres mais surtout ses conseils d’écriture. Puis j’ai continuer à suivre ses activité sur le web, d’abord sur sa chaîne Youtube littéraire (Mx Cordélia) puis sur sa seconde chaîne, Princ(ess)e LGBT, qui propose des vidéos de sensibilisation aux questions LGBTQIAAP+, sur les orientations, le genre et d’autres choses très intéressantes. On devrait tous·tes voir ses vidéos. Ces dernières devraient même être déclarer d’utilité publique.

Quand Cordélia a annoncé la sortie de son premier roman, je me suis donc précipitée pour le lire. J’ai acquis la version ebook et j’ai dévoré cette histoire

L’histoire racontée dans Mon Amie Gabrielle

La première chose que j’ai aimé dans le roman de Cordélia, c’est la façon dont sont racontées les aventures de Salah et Gabrielle, qui sont réellement les protagonistes principaux. Du côté de la narration, nous avons leurs deux points de vue, d’abord dans un récit à la troisième personne principalement centré sur Salah, entrecoupé d’extraits du journal de Gabrielle.

Ces deux formes de récit sont intéressantes car elles nous offre deux perspectives différentes sur l’histoire. Le point de vue à la troisième personne est donc centré sur Salah et nous montre ses émotions, ses aprioris et ses bourdes, et autant le dire, il y a des moments où j’ai eu envie de le secouer, notamment lorsqu’il retrouve Gabrielle au tout début de la deuxième partie. Mais ce sont ces imperfections qui rendent son personnage intéressant ; il est humain, il fait des erreurs, à ses préconceptions et ses préjugés, si pas forcément corrects, qui au moins peuvent laisser place à une certaine identification pour le·a lecteur/trice.

Le journal de Gabrielle est quant à lui important car il nous permet d’avoir les sentiments, doutes, pensées et l’expérience de celle qui est, enfin c’est mon ressenti bien sûr, le personnage central de cette histoire. Dans la première partie notamment, les questions que se posent Gabrielle nous aide à comprendre la personne qu’elle est, et au fur à mesure que les pages défilent, on comprend toute l’ampleur du chemin qu’elle a parcouru. On est en empathie avec elle, particulièrement quand elle traverse des moments difficiles, on est heureux·se lorsqu’elle gagne une bataille. C’est un personnage très touchant et très inspirant.

Si Salah et Gabrielle sont indiscutablement le focus du livre, certains des personnages secondaires sont également intéressants. Il y en a plusieurs, mais je crois que celui qui m’a le plus touché, c’est Myriam : si au premier abord elle peut sembler être le genre de personnage que l’on apprécie pas parce qu’on peut penser qu’elle enferme Salah dans une vie dont il ne veut pas, ce dernier est finalement tout aussi responsable de leur situation et n’ose pas afronter ses doutes et ses problèmes. Et Myriam, de son côté, fait tout ce qu’elle peut pour maintenir le navire à flot, s’occupant de leur famille et gérant la majorité de leur vie, avec un Salah un peu démissionnaire. J’ai donc beaucoup apprécié Myriam.

Le découpage du roman en trois parties chronologiques distinctes permet également de percevoir une réelle évolution des personnages. On les voit d’abord ados, puis jeunes adultes et encore plus adultes ; on vit leurs luttes, leurs erreurs, leurs joies et leurs peines. C’est une histoire sensible et racontées avec des mots justes.

Au-delà d’une simple histoire

Si Mon Amie Gabrielle est un très joli roman, c’est aussi un livre important car il aborde des thèmes qui sont généralement peu traités dans la littérature pour jeunes adultes ; la transidentité, les relations abusives, les interrogations sur son orientation et encore d’autres questions autour de celles-ci. Le personnage de Gabrielle implique en effet beaucoup de ces thématiques, des interrogations sur son identité à la période du lycée au chemin qu’elle a emprunté afin de faire sa transition. Les mots de Cordélia résonnent justes et ne peuvent que nous sensibiliser, à travers le parcours de Gabrielle.

Salah aussi posent des questions, notamment sur son orientation et le sujet de la bisexualité, quelque chose qui est très rarement abordé encore une fois, même dans la littérature de manière générale. La question de la représentation, comme vous vous en apercevrez vite, est quelque chose qui me tient à cœur, et que j’aime vraiment beaucoup retrouvé dans les livres mais dans la culture au sens large. Mon Amie Gabrielle est l’une des premières histoires que je lis qui met en scène des personnages qui ne sont pas forcément hétéro, cis, blancs, etc, comme le sont la majorité des personnages de fictions que l’on rencontre dans la littérature, le cinéma ou les séries. Et Merlin, que ça fait du bien ! Merci à Cordélia pour cela, car si l’histoire de Gabrielle et Salah n’est pas toujours facile, elle a tout de même été une bouffée d’oxygène.


Comme vous l’avez compris, Mon Amie Gabrielle a été un coup de cœur que je ne peux que vous recommander. C’est un très bon premier roman et j’ai hâte de lire d’autres écrits de Cordélia, bientôt j’espère !

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