Mylo Xyloto, un cinquième album de Coldplay sous le signe du changement

2011 a sans aucun doute été une année Coldplay, dès le mois de Juin avec la sortie du premier single Every Teardrop is a Waterfall et la tournée des festivals qui a suivie. Nous avons pu découvrir sur le premier single deux titres supplémentaires, Major Minus et Moving to Mars, la dernière étant absente de l’album, ce qui est selon moi dommage car je trouve que c’est l’une des meilleures chansons du groupe. Mylo Xyloto est sorti le 24 octobre, et est devenue, en un peu plus de deux mois, le 6ème album le plus vendu cette année.

Un cinquième album sous le signe du changement

L’attente pour ce cinquième opus a été longue pour les fans ; Coldplay n’avait rien sorti depuis fin 2008, et l’Ep Prospekt’s March qui complétait l’album Viva la Vida or Death and All His Friends. De nombreuses rumeurs ont couru sur ce nouvel album, jusqu’à la sortie des premières chansons et leur découverte en live lors de la tournée estivale. Le changement musical est vite apparu : Every Teardrop is A Waterfall transpire la pop électro, le morceau conçu pour faire danser le public en stade et animer les playlists des radios au cours de l’été. Septembre a vu la sortie de Paradise, qui s’inscrit dans la continuité de ce tournant électro pour un groupe qui, jusque-là, ce classait plutôt dans un registre pop/rock alternatif. Si on avait déjà pu trouver de nouvelles sonorités dans le quatrième album, MX est définitivement un changement d’univers.

Pochette de l'album Mylo Xyloto par Coldplay, avec des grafity style street art très colorés
Crédit : Parlophone/Coldplay, Paris and Tappin Gofton.

Si les ventes nous montre que Coldplay a une fois de plus rencontré le succès avec Mylo Xyloto, les critiques ne sont pas unanimes. Au début de leur carrière, Coldplay avait reçu l’éloge de grandes rédactions comme NME ou Rolling Stones, pour leur style épuré, simple mais efficace, chargé tantôt de mélancolie, tantôt d’une certaine nostalgie, brute, peut-être un peu crédule et innocente mais au moins sincère. Les morceaux de MX tranchent grandement avec ces débuts, et beaucoup de critiques ont reproché au groupe d’avoir pris une direction commerciale, avec des mélodies certes accrocheuses et joyeuses, mais une perte d’authenticité et d’originalité dans les paroles et les arrangements.

Mylo Xyloto est décrit par Coldplay comme un concept album, contant l’histoire de deux personnes qui se rencontrent et s’aiment dans un monde urbain et opressant, qui n’est pas sans rapeler les dystopies young adult comme Hunger Games qui sortent en ce moment. Cette ambiance urbaine se retrouve dans l’artwork de l’album, composé de street art coloré, mais également dans l’influence de l’électronique ou du R’n’B dans certains morceaux.

Mylo Xyloto : mon avis

J’ai, à l’heure où j’écris cet article, déjà écouté l’album plusieurs fois, et je suis toujours dans une période d’adaptation, ce qui n’est pas très bon signe pour un groupe dont j’aimais au départ toutes les chansons, ou presque. Dire que j’ai détesté Mylo Xyloto serait exagéré, au sens où certaines chansons m’ont vraiment plu. Il s’agirait davantage d’une certaine déception sur certains points sur lesquels je reviendrai par la suite.

Les mélodies de MX sont indéniablement accrocheuses, et la majorité des chansons nous envoient de l’énergie en barre. C’est plutôt le tournant et la place de cet album dans la discographie de Coldplay qui me dérange ; je n’y retrouve pas ce qui m’a fait aimé leur musique il y a près d’une dizaine d’années, mais je n’irai pas jusqu’à dire que je déteste le nouveau Coldplay, que c’est naze et bon pour la poubelle. Heureusement, on peu nuancer son avis 😉

Ce qui me plaît dans MX, se sont majoritairement les chansons acoustiques : comme UFO pour laquelle j’ai eu un coup de cœur immédiat, Us Against the World (même si certains arrangements studio me laissent un peu perplexe), UP in Flames (assez étrangement) et Up With the Birds. Charlie Brown, si elle n’est pas vraiment mon style de musique, n’en reste pas moins une chanson que j’apprécie pour la bonne humeur qu’elle dégage.

L’idée de l’album concept me plaît assez, notamment pour le côté monde urbain dystopique. C’est quelque chose que l’on retrouve beaucoup dans Major Minus, qui évoque le plus frontalement le fait de vivre dans une société opressante et dans laquelle on évolue sous surveillance. Certaines paroles rappelleront le célèbre Big Brother de 1984. D’autres morceaux abordent également les notions de révolution et de rébellion, (Charlie Brown, Every Teardrop is A Waterfall), mais l’ambiance pop et joyeuses de ces morceaux enlève de son poid à l’univers où l’histoire est censée prendre place. Si Major Minus, déjà mentionnée, reflète parfaitement cet atmosphère opressant, sombre et légèrement psychédélique, elle est absente du reste de l’album.

Certains arrangements m’ont aussi déplu. J’avais pu découvrir certains morceaux en live lors de concerts de la tournée des festivals, dont Hurt Like Heaven qui avait été un gros coup de cœur ; très bonne entrée en matière pour un live, un riff de guitare comme Jonny Buckland sait si bien les composer, des paroles, pour le coup, vraiment bonnes. Lorsque j’ai découvert la version studio de HLH, j’ai connu une grande déception. Je n’ai pas du tout aimé les modifications électroniques sur la voix de Chris Martin, ni certains des choix au mixage des instruments. Ça avait été le cas également avec la version studio de Major Minus que je préfère en live.

Malgré tous ces côtés négatifs, MX compte de jolies balades acoustiques, vers lesquelles je me tourne beaucoup plus facilement, par pure subjectivité personnelle, soyons honnête. Up With the Birds est vraiment un morceau très léger mais aussi plein d’un certain espoir, et remplit parfaitement son rôle de générique de fin pour l’histoire racontée dans cet album.

Mylo Xyloto, chanson par chanson

Mylo Xyloto/Hurt Like Heaven : j’ai déjà parlé de cette chanson dans le début de l’article, je ne m’y attarderai donc que peu. Comme je l’ai mentionné, je l’avais beaucoup aimé en live, mais les arrangements studio l’ont pour moi dénaturée, faisant se dégager une impression trop informatisée à mon goût. Les paroles n’en restent pas moins très bonnes, et l’énergie qu’elle dégage est indéniable.

Paradise : que l’on a beaucoup entendue à la radio ces dernières semaines. Si avec le temps, je l’apprécie un peu plus, j’avais été déroutée par ses sonorités à sa sortie. Les paroles sont simples (peut-être un peu trop) et le refrain est entêtant, pas forcément de façon positive. Le riff de guitare sur le refrain et la présence des violons au début sont toutefois de bonnes surprises.

Charlie Brown : comme déjà dit plus haut, cette chanson me met de bonne humeur, et rien que pour ça elle a intégré ma playlist régulière. Elle dépote vraiment en live, on sautille et on chante, et ça, c’est un bon point. j’aime aussi beaucoup les paroles, même si elles contrastent grandement avec l’ambiance pop joyeuse de la chanson. Encore une fois, mention spéciale à la guitare de Buckland.

Us Against the World : comme Hurt Like Heaven, j’avais pu découvrir cette chanson tout d’abord en live, et je l’avais tout de suite aimée. Elle n’est pas sans rappeler Til Kingdom Come, présente sur le troisième album du groupe. Toute la deuxième partie avec les voix de Chris Martin et de Will Champion qui se joignent collent des frissons. Les arrangements studio, surtout le début de la chanson en fait, m’ont un peu perturbée, mon seul petit bémole.

M.M.I.X/Every Teardrop is a Waterfall : une bonne intro instrumentale pour le single phare de cet album. Comme je l’ai déjà écrit, le tournant pop électro de ce morceau m’avait laissé un peu de marbre, et comme d’habitude, la voir en live m’a un peu réconciliée avec elle. J’aime encore une fois la guitare, qui donne un rythme un peu celtique, et le solo de batterie de Champion à la fin ponctue superbement ce morceau.

Major Minus : comme d’autres pistes de l’album, j’en préfère la version live. C’est en quelque sorte l’apogée de l’album, avec son ambiance un peu bordélique et psyché, son instrumentale opressante. La modification sur la voix de Martin n’est pas forcément pertinante, mais se fond tout de même bien dans la ligne du morceau.

U.F.O : mon coup de cœur de l’album, avec ses paroles et sa mélodie dignes des premières balades de Coldplay. Elle est toute en simplicité, et offre un interlude reposant bienvenu dans l’album.

Princess of China (Ft. Rhianna) : bien bien bien… je risque d’être un peu cash sur cette chanson, mais ma première impression a été : on dirait plus un Rhianna featuring Chris Martin que Coldplay ft. Rhianna. Les paroles sont plutôt cool, pour le coup, et le rythme assez accrocheur, mais niveau instrumental, ça n’est vraiment pas ma tasse de thé. Une appréciation toute personnelle encore une fois.

Up in Flames : si on pourrait reprocher à ce morceau le côté répétitif de sa section rythmique et la simplicité de ses paroles, elle m’a tout de suite plue. Autant être honnête, c’est les paroles qui ont fait échos en moi, pour des raisons tout à fait personnelles, dont purement subjective. Elle n’a pas été sans me rappeler un petit quelque chose de Massive Attack ou de James Blake, assez appréciable. Mais je conçois que la non-recherche musicale de ce morceau puisse rebuter

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A Hopeful Transmission/Don’t Let it Break Your Heart : un nouvel interlude instrumental que j’ai plutôt apprécié pour ma part, suivi d’un morceau explosif qui confirme le nouveau tournant qu’a pris Coldplay dans cet album. DLIBYH est certainement un morceau qui ravit en live, il m’a fait pensé à Glass of Water sur l’EP Prospekt’s March, si tant est qu’on doive faire une comparaison.

Up With the Birds : les choix instrumentaux faits dans la première partie de cette chanson sont assez judicieux ; on a vraiment l’impression d’un vol aux côtés d’une nuée d’oiseaux, un peu planant. La seconde partie est ma favorite, avec la guitare électrique et acoustique qui se mêlent, et la ligne I might have to go where they don’t know my name (je devrais partir là où personne ne connaît mon nom), traduit bien une envie de fuir, de tout recommancé ailleurs, qui a sans doute traversé beaucoup d’entre nous à un moment où un autre. On sent que c’est la fin de l’histoire, les deux personnages principaux se sont perdus mais espèrent pouvoir se retrouver, même s’il faut pour cela faire le tour du monde, une excellente fin d’album selon moi.

Conclusion

Si vous avez sans aucun doute pu sentir ma déception vis-à-vis de Mylo Xyloto, notamment sur certains choix musicaux ou au niveau du mixage, cet album a le mérite d’avoir une certaine cohérence, un peu musicale, beaucoup au niveau de la teneur des paroles et de la narration, c’est sans doute son point le plus forts. Les chansons marqueront chacune à leur manière, pour des raisons qui changeront en fonction de vos goûts ou vos ressentis, et le succès qu’a connu MX montre bien que le public apprécie ce tournant dans la carrière de Coldplay.

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