NaNoWriMo : et si en novembre, on se mettait à l’écriture ?

originalement publié sur The Checkpoint, le 23 novembre 2016

Si vous faites partie de celleux pour qui l’écriture est un loisir, si vous trainez sur le web et les réseaux sociaux, vous avez peut-être entendu parler du NaNoWriMo qui se tiendra, comme chaque année, à travers les Internets et le monde en ce mois de Novembre. Mais qu’est-ce que c’est exactement le NaNoWriMo>/strong> ? Pourquoi se lancer dans ce challenge ? Comment s’y prépare-ton ? Petit partage d’expérience personnelle et quelques petites réponses pour satisfaire votre curiosité.

Le NaNoWriMo, qu’est-ce que c’est ?

Le NaNoWriMo ou National Novel Writing Month (Mois National de l’écriture de roman) est un challenge d’écriture qui a lieu chaque mois de Novembre. Entre le 1er et le 30, toute personne souhaitant entammer l’écriture d’une histoire, d’un roman, peut se lancer dans le NaNoWriMo, se fixant ainsi pour objectif d’écrire 50 000 mots d’ici la fin du mois.

Expliquer ainsi, ça a l’air simple. Un mois pour écrire une histoire d’au moins 50 000 mots, j’ai une idée et hop, c’est parti ! Au-delà de paraître simple comme concept, ça peut également paraître effrayant. 50 000 mots, c’est un gros chiffre, une moyenne de 1667 mots par jour sur tout le mois de Novembre si on veut tenir les délais… Écrire sous la contrainte peut en bloquer certain·e·s et ça se comprend parfaitement.

Sauf que le but du NaNoWriMo n’est pas de vous mettre la pression. Comme l’explique l’association organisatrice de l’évènement sur Internet (mais pas que) sur son site officiel, les valeurs que communiquent ce challenge sont l’amusement, la créativité et que, d’où que viennent les histoires, qui que soit leur auteur·e, amateur·e, pro, de sci-fi, de romance, de romans historiques… toute ont le mérite et le droit d’exister. Le NaNo (comme on l’appelle affectueusement), est là pour stimuler la créativité et l’entousiasme des auteur·e·s, pas de les mettre en compétition pour savoir qui écrira le plus de mots, le plus vite et le mieux. Les 50 000 mots sont un objectif mais pas une obligation ; le but est finalement qu’en Novembre, on prend le temps qu’on ne prend pas forcément le reste de l’année pour écrire. Qu’on atteigne la limite de mots fixée, qu’on la dépasse, peut importe.

Mais le NaNoWriMo ça n’est pas seulement qu’écrire un roman dans son coin et avoir la satisfaction personnelle d’avoir réussi, même si c’est déjà méga cool d’en arriver là. Le Nano, c’est aussi une association organisatrice mais surtout une communauté d’auteur·e·s connectée à travers le web. Que cela soit sur le site officiel du NaNoWriMo ou sur les réseaux sociaux (au sein de groupes Facebook ou de tags sur Twitter et Tumblr), se lancer dans ce défi c’est aussi être en contact avec des tas d’autres personnes à travers le monde. L’association organisatrice propose des créneaux horaires pour des séances d’écriture virtuelles, des conseils d’auteur·e·s publié·e·s sur son blog, des forums où discuter et également des conseils pour se mettre à l’écriture, trouver de l’inspiration, se motiver pour poursuivre le challenge courant Novembre, etc. Cette communauté est aussi présente sur les réseaux sociaux et autour d’elle se forment des tas de groupes, de liens entre personnes qui se motivent et partagent leur amour pour l’écriture. Si vous faîtes un jour le NaNoWriMo, vous ne serez pas seul·e.

Pourquoi faire le NaNoWriMo ?

La réponse pourrait paraître évidente : pour écrire un roman. Sauf, qu’il faut bien être honnête il est rare que le roman que l’on obtient à la fin du mois de Novembre soit 1) terminé (même si ça peut arriver), 2) publiable (ou même juste lisible) car il est bien précisé sur le site du Nano que le but est d’écrire un premier brouillon. Vous n’aurez donc pas un best-seller à montrer à tout le monde au 1er Décembre, sauf si vous êtes extrêmement efficace et alors là, je dis chapeau-melon l’artiste, parce que… wow.

Comme on le disait dans la partie explicative de cet article, le premier but du NaNoWriMo est de prendre le temps d’écrire. Quand écrivain n’est pas notre profession principale, parce qu’on est quand même pas nombreux/ses à en vivre, il est parfois difficile de se donner le temps d’écrire, entre le travail, les cours, les proches, la vie quotidienne, tous ces trucs lourds d’adultes. Se lancer dans le NaNo, c’est donc s’accorder du temps pour soi et son écriture, se dire que du 1er au 30 Novembre, on y consacre du temps, que ça devient une de nos priorités.

Même si arrivée le 30 Novembre à 23h59 on a pas écrit 50 000 mots ou alors que l’histoire qu’on a commencée n’est pas finie, ça n’est pas grave. On peut tout à fait être fier·e de s’être accorder du temps pour notre passion, d’avoir entammé quelque chose qui pourra grandir dans les mois qui suivent et surtout, ce dire que même si on a écrit que 15 000 mots, c’est toujours 15 000 de plus que rien. Coucou, Captain Obvious mais il est bon de le rappeler.

Comment arrive-t-on au bout du NaNo ?

Avant d’entammer cette partie, je tenais à prévenir que cet article va passer en mode témoignage plus que réels conseils objectifs. Cela dit, vous retrouverez dans les lignes qui suivent beaucoup des conseils donnés par l’association NaNoWriMo et que j’ai aussi entendu chez d’autres participant·e·s.

Se préparer un minimum

Quand je me suis décidée à faire le NaNoWriMo 2016 on était début Septembre et j’étais sur le point d’avoir mon diplôme et donc, reconnaissons-le, de me retrouver sans activité professionelle pendant quelques temps. Après dix-huit mois entre une activité entrepreneuriale fournie, des cours intenses à la fac et un mémoire de fin d’études à rédiger, j’avais envie de souffler. Je me suis donc dit : cette année banco, NaNoWriMo. En plus ça rime.

De fait, j’ai commencé à chercher une idée de roman sur laquelle je pourrait travailler. Des idées d’histoire, j’en ai tout un dossier sur mon ordinateur, des plot bunnies comme disent les anglophones, des idées qui trottent dans la tête mais sur lesquelles je n’avais pas encore travailler. J’en ai testé plusieurs, ai tenté de me projeter dans l’écriture, de voir où cette idée et ses personnages pourraient m’emmener.

Il faut savoir que je suis ce genre d’auteur·e qui planifie beaucoup de choses avant de se lancer dans l’écriture. Pour moi, la perspective d’entammer le mois de Novembre sans savoir un minimum où j’allais n’était juste pas envisageable. Début Octobre, j’ai trouvé l’idée d’histoire qui me plaisait vraiment et hop, je me suis mise à planifier, chronologie, plan des chapitres, fiches personnages… Oui je suis un peu une maniaque de l’organisation mais je me soigne. Bon, je dois reconnaître que j’avais un avantage, l’univers de fiction dans lequel je travaille est déjà construit puisque mon Nano est une prequel du roman principal sur lequel je travaille depuis plusieurs années, explorant le passé d’un de mes personnages, donc la construction du monde était déjà bien entammée.

Conclusion : si vous le pouvez et que cela colle à votre mode de fonctionnement et d’organisation, un minimum de préparation sur votre histoire vous permettra de démarrer l’écriture dès le tout début du mois de Novembre.

Garder en tête que l’on écrit un premier jet

Je l’ai déjà évoqué mais je pense que ça ne coûte rien de le rappeler. L’idée d’e « chouette, je vais écrire un roman en Novembre ! » peut vite monter à la tête et quand on ne peut pas atteindre les objectifs que l’on s’est fixé au jour le jour, on se retrouve parfois frustré·e. Un déplacement impromptu pour le travail, un soucis familial, un gros rhume qui débarque car il faut bien avouer que c’est juste la période propice pour ce genre de joyeusetés ou encore un coup de fatigue/manque de motivation peuvent survenir à n’importe quel moment. Il ne faut pas paniquer parce qu’on y arrive pas à temps, même si se sentir frustré·e est normal, qu’on se le dise. Puis le rythme d’écriture dépend également des gens ; je peux écrire 800 mots dans une journée parce que je n’étais pas inspirée comme 2500 ou 3 000 mots en trois heures parce que j’ai été prise d’une illumination divine tout d’un coup. Nous avons chacun·e notre rythme.

On est également tou·te·s différent·e·s sur l’énergie dont l’on dispose. Parfois, on est fatigué·e, notre état de santé ne nous permet pas de tenir un rythme éfreiné tout le temps. Le but du NaNo n’est pas non plus de s’épuiser à la tâche. Si vous avez besoin de vous vider la tête avec l’épisode d’une série ? Faîtes-le si vraiment vous manquez d’énergie. N’oubliez pas non plus vos besoins de bases, manger, boire, dormir, sortir. Personnellement, une fois lancée j’ai tendance à oublier ce genre de choses et c’est pas terrible, on est d’accord.

Je ne sais pas si c’est votre cas mais j’ai personnellement la manie un peu chronophage de me relire 5687 fois avant d’être satisfaite d’un chapitre. Je relis, je corrige, je modifie et ça peut vite durer des plombes. Sans mentir, sur la première quinzaine de Novembre j’ai perdu plusieurs heures à revenir sur ce que j’avais déjà écrit. sauf qu’en fait, c’est vraiment pas nécessaire dans le cadre du NaNoWriMo. Combien de fois me suis-je répété « premier brouillon, premier brouillon » au cours du mois ?

Rester motivé·e et s’organiser

S’il ne faut pas se mettre la pression et ne pas se sentir nul·le si on atteint pas tout à fait notre objectif de nombres de mots, il faut tout de même garder en tête que le but du mois est d’écrire. Bien sûr, on peut se louper un peu, par exemple l’an dernier je n’ai écrit que 12 000 mots sur tout le mois, j’étais déçue mais je ne m’étais pas non plus imposé un rythme d’écriture qui m’aurait permis de réussir. Si vous avez la volonté, la motivation et l’énergie de vous consacrer plus que dh’abitude à l’écriture en Novembre, lancez-vous.

Tout ça demande un peu d’organisation, ça demande de s’aménager du temps pour écrire sur nos heures de libres, peut-être qu’on sortira un peu moins ce mois-ci, de toute façon il pleut alors bon… Peut-être qu’on sera moins disponible tout ça. Mais si l’écriture est quelque chose que l’on aime et qu’un roman est l’un de nos buts dans la vie, la motivation et l’envie seront là. Ça ne sera donc pas un sacrifice, quelque chose qu’on a pas envie de faire.

Certain·e·s vont me dire qu’on a pas tou·e·s le luxe d’avoir autant de temps libre. Comme je l’ai mentionné, j’ai conscience d’avoir été « chanceuse » parce qu’effectivement, mon activité en freelance étant encore à l’étape de développement, j’ai eu plein de temps en Novembre dernier. Mais je m’en suis aussi donné car j’ai, au-delà du travail, tout un tas d’autres occupations et qu’il est facile de se laisser distraire. Et le manque de temps, l’impossibilité de s’en libérer, je le comprends parfaitement. Il peut exister des petites choses à faire pour se dégager du temps ; l’un·e des auteur·e·s sur le site du NaNoWriMo proposait aux personnes qui ont des enfants de voir avec leur conjoint·e le cas échéant, de modifier un peu l’organisation de la famille juste le temps du NaNo. Après, c’est bien sûr à chaque personne de voir comment on peut le faire.

Pour ce qui est de la motivation qui nous lâche parfois la fourbe, il ne faut pas hésitez à se servir des ressources de l’association du NaNo, des communautés qui existent sur Internet qui sont une grande source de soutien, d’échange et de partage. Une petite conversation et ça repart ! La musique peut aussi être un bon moyen, trouvez quelque chose qui colle à l’humeur de la scène que vous être en train d’écrire, qui correspond à l’univers de votre roman… la musique est un merveilleux moyen de s’immerger encore plus dans l’écriture !

Et enfin… écrire, écrire, écrire

Dit comme ça, ça a l’air bête mais ça reste le plus important. Même si parfois on sent qu’on se force un peu, que ça ne vient pas, qu’on est pas inspiré·e… écrivez. Ça peut être un bout de dialogue qui vous vient, une scène qui se passe bien après ce que vous avez déjà écrit, quelque chose qui n’apparaîtra peut-être même pas dans la version finale de votre histoire. Le but est de stimuler votre créativité, de la laisser parler, d’apporter les pierres qui construiront votre histoire. Vous lui consacrez du temps, vous recollerez peut-être les bouts de scènes entre elles après le 30 Novembre ça n’est pas grave. Si ce que vous écrivez est d’une qualité que vous jugez médiocre, ça n’est pas grave non plus. L’écriture est comme un muscle, il faut l’entraîner pour qu’il se performe et que l’effort devienne plus facile et encore meilleur. Je ne sais plus où j’ai lu/entendu cette comparaison mais je rends à César ce qui est à César ;


J’espère que ce long article sur le NaNoWriMo vous aura intéressé·e. Et si vous avez des remarques, des questions ou des conseils/tips à partager, les commentaires sont là pour ça !

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