Note d'un matin paisible

Une fleur de camélia d'un joli rose

Musique : Je Te Donne – Jean-Jacques Goldman et Michael Jones (je ne suis pas sûre d’assumer…)

Ce matin, je me suis réveillée sans le son strident du réveil qui me tire du sommeil soudainement, comme un coup de marteau sur une enclume. Pas de réveil en sursaut, le cœur battant et les yeux grands ouverts, désorientée. Pas de grognements étouffés par l’oreiller parce qu’il faut se lever. Ce matin, je m’éveille avec le chant des oiseaux, le bruit de la tondeuse d’un·e voisin·e matinal·e. Du rez-de-chaussée parviennent le son de la radio diffusant un vieux tube de Goldman et des effluves de café fraîchement coulé et de pain grillé. Ça sent le matin ; j’enregistre les bruits et les odeurs, au cas où je m’en reserve un jour, pour décrire un matin paisible.

C’est les vacances. Rien à faire de particulier, personne qui m’attend. Je pourrais rester-là, sous la couette qui forme un cocon protecteur entre le monde et moi. Je pourrais laisser mes pensées vagabonder, entre rêves et réalité, tout en maintenant les idées noires et angoissantes loin de la conscience dans un mécanisme d’auto-défense presque devenu instinctif. Je pourrais traîner toute la journée, me promener dans le jardin, lire installée dans une chaise longue emmitouflée dans un plaid avec une tasse de thé à la main ou rêvasser assise sur la balançoire que l’on a installé là pour mon petit frère il y a longtemps. Lézarder, flémarder, me reposer, prendre le temps de ne rien faire.

Pourtant, je ressens quelque chose au fond de moi, une agitation, une effervécence naissante et étrange. J’ai des envies de préparer quelque chose de bon à manger en chantant des vieux morceaux des années 90, de tricoter en bavardant avec ma mère, de jouer à un jeu avec mon petit frère en essayant de rattraper le temps perdu. De m’assoir au soleil à la table de la salle à manger et d’écrire les mots qui me passent par la tête. Toutes ces choses que je n’ai pas fait depuis longtemps, ou alors un peu, afin d’économiser l’énergie que j’ai en stock réduit depuis le début de l’automne.

Ce matin, les angoisses ne sont plus là. Ou du moins, elles ne sont plus au devant de mes pensées, les embrouillant dans une brume inquiétante et indistincte. Tout n’est pas réglé, rien n’a vraiment changé, depuis la veille au soir où j’ai rejoint mon lit dans un état de grande fatigue. Après des semaines à vivre au ralenti, sans pour autant ne rien faire, mais à faire, à vivre pas à pas, ces derniers jours ont été intenses ; j’ai retrouvé mes proches que je n’avais pas vu depuis un an. Ma filleule, un bout de personne plein d’énergie, de joie et de contradictions enfantines. Mes meilleures amies qui me donnent tant d’affection et en demandent tant en retour, dans une sorte d’exaltation à profiter de ce lien qui nous unit depuis presque quinze ans.

Mais ce matin, la lassitude et la fatigue sont parties, pour quelques temps. Ce matin, tout va bien, tout va mieux et c’est quelque chose auquel il faut se réhabituer. C’est étrange, d’aller bien. Ça soulage aussi. Des choses sont possibles, des choses mises de côté et qui peuvent maintenant voir le jour.

Ce matin tout va bien. Paisible, calme mais excitant. La vie à l’odeur du pain grillé et des fleurs fraîchement coupées, avec en fond une chanson de Goldman et une conversation en famille. Ça ne durera peut-être pas. Mais ça fait du bien,

Et pour illustrer cette petite note, quelques petites photos d’une promenade dans le jardin, ce jour-là 😉

Photo d'un champ de colza sous un grand soleil et un ciel bleu limpide
Un champ de colza en fleur, tout près de la maison

Une fleur de camélia d'un joli rose
Photo de fleurs blanches prise dans le jardin
Petites fleurs blanches et jaunes

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